Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores

INTERVIEW MARIA - 24H Week-End - Décembre 2007

Une mante religieuse au kitsch latin

D'envoûtante à burlesque, tous les qualificatifs lui vont. Maria Dolores est un vrai drôle de personnage. A déguster au Montreux Festival du Rire.


Maria Doloresa le feu sacré aussi pétant que son rouge à lèvres.

Elle... "Star égocentrique" ? Franchement ! Elle n'aime pas trop. "Peut être que certains pensent ça parce que je garde mon fils de 30 ans preès de moi à la façon dont Staline veillait sur son bon peuple. Mais c'est bien ce qu'il faut pour mater les gens, non ?" Lula Hugot à la ville, Maria Dolores à la scène, difficile de distinguer qui parle, qui répond. Les deux femmes font la paire.

Désarmante, burlesque, parfois cynique, la chanteuse au répertoire aussi bien jazzy que classique, au personnage sorti d'un générique de Pedro Almodovar, joue dans le registre du délire depuis son retour aux affaires en 2002. Des mots doux toujours à portée de lèvres, les "r" qui roulent, elle caresse, enveloppe. Alors elle... "diva-clown" ? Elle préfère : "J'aime rire."

Qu'est ce qui fait que vos yeux roulent comme ceux des biches ?

"L'amour. L'amour sous toutes ses formes. Et surtout lorsqu'il se fait traumatisant. J'adore les histoires de vie, les miennes pour commencer et celles des autres, en pensant à Barbara ou Romy Schneider. Quand on quitte ou quand on se fait quitter, ce qui importe finalement c'est de tourner la situation en quelque chose de risible. "

Là on sort du comique pour la philophie de la vie ?

"Avec 50 ans dans mon sac à dos et tout autant d'amours et de ruptures, il ne peut pas en être autrement. J'ai eu des scènes horribles avec des hommes. On oublie quand l'humour nous permet de prendre cette distance. C'est de là que vient le burlesque."

Eternelle amoureuse, kitsch à souhait, ne seriez vous pas un ovni poétique tombé sur la scène de l'humour ?

"Je vis ce que je dis. Maria Dolores ne raconte pas d'histoires, elle vit le moment présent avec son public. Parfois désopilante, parfois suscitant la pitié. Mais si je mène une vie d'enfer à mes musiciens, si mon fils n'a aucune chance de s'émanciper, pourquoi m'échapperaient ils ? Ils sont ma famille."

Un brin tyrannique ?

"Il le faut sinon tout file entre les doigts. On est Eva Peron ou on ne l'est pas. Mais d'agir ainsi, ne nous leurrons pas, c'est aussi une façon de retenir la vie."

Et vous, qu'est ce qui vous rend heureuse ?

"Entre un French Lover qui fait bien les courses mais qui est tellement coincé qu'il n'arrive pas à aligner 2 mots ou un Latin Lover incapable de cuisiner et qui vous choie toute la nuit... que dire ? L'idéal c'est un latin lover français. Sinon, là, je viens de manger un petit poulet et des haricots en ajoutant un peu de harissa, c'était tout simplement merveilleux."

Propos recueillis par Florence Millioud Henriques