Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores Maria Dolores

Los Crucificados

Consultation

ConsultationDe son vrai nom Özgul Pluto Bulsaran, Consultacion est né(e) le 5 septembre 1966 à Mexico, d'une mère turque et d'un père mexicain, tous deux de croyance zoroastrienne. Son père était fourreur et sa mère ouvrière, ce qui ne l'empêcha pas de se prendre très tôt d'amour pour la musique; mais c'est la rythmique qui lui donnera en premier lieu la possibilité de s'exprimer.
Les rapports entre le père et le fils n'ont jamais été faciles, il se moquait régulièrement de l'apparence physique de son fils en l'appelant « gros nez », mais à la différence de Mickael Jackson, il ne recourut jamais à la chirurgie esthétique...

Alors qu'il est âgé de 12 ans, sa mère tombe gravement malade et petit à petit, le jeune garçon prend la place de mère au foyer, en charge de ses 5 petites soeurs. Sans doute est-ce à ce moment qu'il commença à développer avec excès sa part féminine...
Les journées du garçon sont denses : tandis qu'il va à l'école le jour, il écume les scènes de la région la nuit où il apprend son futur métier. C'est ainsi qu'en 83, il est engagé comme percussionniste dans l'orchestre cubain de Rigo Luis Frozzinni, qui se produit à l'International Sporting Club de Mexico. Son père, qui espèrait lui transmettre sa passion et faire de lui un fourreur qualifié, voit d'un très mauvais oeil l'entrée d'Özgul dans le monde artistique et à dater de ce jour, la brouille entre les deux hommes s'installe durablement.
En outre, la rumeur sur sa bisexualité s'étant largement répandue - il coupe ses cheveux et se laisse pousser la moustache selon la mode gay de l'époque – le patriarche mexicain s'en émeut et décide de ne plus lui adresser la parole.
A la mort de sa mère, il décide de quitter l'autorité castratrice paternelle et de partir tenter sa chance à Paris.

ConsultationAvantagé par un caractère entreprenant, le jeune Ozgül a des allures d'éphèbe atypique. A 20 ans, il gagne ses premiers cachets dans les orchestres des grands hôtels et les boites de nuits. Il fréquente les endroits à la mode : le Banana Café, le Golf Drouot, La Locomotive, le Petit Gourdin et se fait appeler "Consultacion".
C'est dans l'un de ces lieux de perversion qu'il rencontre Jean Robertini dit Jeannot Lapin, qui devient son producteur et son amant.
Las, le monde décadent de la nuit altère rapidement sa santé physique et financière : Menant une vie de pacha, dépensant sans compter, il accumule les dettes et se terre bientôt pour échapper à ses créanciers.
Après la sortie d'un single "El ritmo de ton corps" produit par Jeannot Lapin, qui ne dépassera pas les 500 ventes, il sombre dans l'anonymat et la solitude.
ConsultationC'est alors qu'il croise la route de Maria Dolores. Il devient son amant avant de devenir son percussionniste au sein des Crucificados.
Au bout d'une relation tumultueuse qui le mène sur les rives marécageuses de la dépression, il décide d'assumer sa féminité et subit une batterie d'opérations de chirurgie plastique : électro-épilations du corps (mais il conserve sa barbe), implantation de prothèses mammaires remplies de sérum physiologique et de silicone, pomme d'Adam râpé...
L'opération sur les cordes vocales est par contre un échec et en dépit des séances d'orthophonie, il gardera un timbre pour le moins étrange. Fort heureusement, l'opération est prise en charge par la sécurité sociale...

En revanche, il conserve son "gros nez".

Aujourd'hui encore, il accompagne la biche madrilène malgré une certaine distance creusée entre eux, ce qui l'a sans doute fait se rapprocher du fils chéri de Maria : le contrebassiste Augusto....

 

 

 

Visitation


Elle est le sourire chantant, le coeur sensible du trio des Crucificados.
Mais cette sensibilité à fleur de peau est le fruit d'une existence tumultueuse et bouleversante.

Elle vit le jour dans une petit village reculé de Belgique. Ainée d'une famille de 16 enfants, elle se voit confier très tôt des tâches bien éreintantes pour de si frêles épaules. Elle alterne petits boulots et tâches ménagères tout en s'occupant de l'éducation de ses frères et soeurs, sa mère alcoolique ne tenant plus debout depuis l'ablation de la jambe gauche suite à une gangrène galopante.

Elle ne connaitra jamais vraiment son père, diplomate belge absent, qui fit miroiter à sa mère alors toute jeune, des promesses qu'il ne tint jamais, puisqu'il disparut un matin de Mai, en allant chercher des cigarettes...

Le seul refuge de la pauvre Visitacion est l'église où le prêtre - que les enfants appellent "St Albray" parce qu'il est rond et roux - la prend sous son aile.

Un soir de pleine lune, c'est l'illumination : elle s'approche de l'orgue et joue sans partitions l'Agnus Dei en sol mineur de Bach. A partir de là, elle ne quittera jamais plus cet instrument et sa magnifique vigueur sonore...
Malheureusement pour elle, l'idylle est de courte durée : notre belle du seigneur attise chez St-Albray-le-prêtre la flamme d'une concupiscence perverse, et elle doit fuir le sanctuaire...



Triste existence donc, qui voit pourtant luire un éclat de lumière le jour de ses 16 ans, lorsque ses charmes sont repérés par un journaliste sportif espagnol, de passage pour commenter un match (Marchin-Santiago), qui lui propose une carrière de danseuse dans un célèbre cabaret de Madrid qu'il connait bien.
Visitacion, qui est fervente croyante, accepte la proposition, y voyant comme un signe du Seigneur. Elle devient danseuse de revue au "Caballo Loco" alors fréquenté par le gratin artistique de la movida des années 80.
Qui dit cabaret, dit piano: le Caballo Loco abrite un magnifique Steinway demi-queue laqué blanc et elle ne résiste pas longtemps avant de renouer avec sa passion des touches noires et blanches; elle devient bientot l'égérie du cabaret par ses numéros chantés et dansés avec une grâce toute belge qui attirent de plus en plus de monde.
Visitation
Elle épouse le patron du Caballo, un homme chevalin, cupide, démesuré en tous points dont les débordements et la violence vont bientôt coûter cher à la santé de la fragile jeune fille...

Tour à tour danseuse de revue, pianiste raffinée et femme battue, c'était un sombre destin qui semblait écrit pour la pauvre âme. Jusqu'au jour où un "miracle", selon ses propres termes, se produisit : un soir de revue, on lui annonce que Maria Dolores est dans la salle, Visitacion donne alors toute son âme dans la reprise d'une vieille chanson sentimentale de la biche madrilène : "baisers et chocolat".
Conquise, Maria vient la remercier dans sa loge et tout en séchant ses larmes, lui propose de l'extirper de cette vie misérable pour la suivre en tournée.
Visitacion accepte ce nouveau signe des Cieux et ne regrettera jamais d'avoir suivi celle qu'elle appelle encore aujourd'hui, des sanglots au fond de la gorge, "sa Perle Noire"...

 

 

Augusto

AugustoIl est le fils adoré de Maria dolores et d'un mystérieux américain, un G.I rencontré à Broadway, dont elle a oublié le nom, mais qu'elle a juré à son fils de retrouver un jour...

Lorsque Augusto éclot lors d'une tournée en Russie sur la ligne du Transsibérien, Maria est à son apogée. On fredonne ses chansons de Madrid à Shangaï, et après chacun de ses passages les femmes adoptent sa célèbre coupe au carré.
Les premières années de son existence, l'enfant l'accompagnera pendant ses tournées, sous l'oeil protecteur de Fraülein Beüurgern, sa nourrice Autrichienne, qui l'allaitera jusqu'à l'âge de 8 ans avec l'amour maternel et véritable que Maria, toute dédiée à son public, ne peut lui offrir.
Le petit bonhomme fera toute sa scolarité dans la province native de sa nourrice, proche de Salzbourg.
Augusto a un physique et une sensibilité singulière qui l'exclueront souvent du jeu des autres enfants. Il passe le plus clair de son temps avec Fraülein Beüurgern qui fait son éducation et lui transmet les valeurs de l'Autriche profonde, au travers des contes et des légendes certainement oubliés de tous aujourd'hui.
Il est vrai que la carrière de Maria passe avant tout et longues sont les journées où le petit garçon blond vénitien attend le retour de sa petite maman, derrière le carreau embué, en regardant tomber la pluie... C'est donc tout naturellement qu'il reporte tout l'amour que peut contenir un petit coeur d'enfant sur cette nourrice... Or une nuit tranquille de Juillet, un mystérieux incendie réduit en cendres la maison de Fraülein Beüurgern et l'emporte, elle et ses légendes, vers d'autres cieux.
Maria Dolores rentre en urgence et récupère alors son fils sain et sauf mais abattu par la perte de sa chère nourrice; elle lui assène alors cette phrase consolatrice et néanmoins philosophique : "C'était peut être pour ton bien ?..." convaincue que toute chose a une raison d'être.
Elle reprend en main l'éducation d'Augusto, malmenée par quelques années de berceuses traditionnelles allemandes, de saucisses et de bretzels.
Jusqu'à cette terrible journée où, suite à un défi stupide lancé par d'autres enfants, Augusto manque de s'étouffer en avalant une grenouille vivante.
Le batracien a finalement longé le tube digestif avant de se blottir dans un endroit inconnu du corps de l'enfant dont il ne ressortira jamais...

AugustoC'est à la même époque que le jeune garçon se prend d'un intérêt compulsif pour les horloges ; il les collectionnent, les réparent et les frictionnent, tout en formulant en lui même le voeu secret d'en faire un jour son métier; c'était sans compter sur sa mère, déterminée à en faire un grand musicien !
La veille de Noël 1986, un mystérieux incendie détruit la collection de pendules... Augusto, qui accompagne alors sa mère pour une oeuvre de charité à Buckingham Palace, est effondré en apprenant la nouvelle.
"C'était peut être pour ton bien ?..." lui laisse entendre sa mère qui lui offre en guise de consolation son premier instrument : une contrebasse.

Augusto s'épanouit dès lors visiblement dans la musique où tout lui est permis, mis à part le jazz que sa mère lui interdit.
A cette époque, alors qu'il n'est agé que de 12 ans, il commence à accompagner Maria pendant ses tournées internationales ; c'est pendant l'une d'elle qu'il fait la connaissance d'une jeune soliste allemande dont les formes et l'ampleur l'émerveillent; formes auxquelles sa mère ne semble guère sensible, la comparant souvent à un éléphant de mer !
Malheureusement, tandis que les jeunes tourtereaux se rapprochent de plus en plus, la fatalité frappe encore une fois à la porte : Un mystérieux incendie emporte la jeune fille au cours d'un opéra de Wagner rendu tristement célèbre à Berlin.
"C'était peut être pour ton bien ?..." laisse tomber gaîment la pétulante Maria que rien décidément n'affecte à part peut-être la trahison.

AugustoAujourd'hui, du haut de ces 34 ans, cet élégant jeune homme poursuit la route artistique tracée par sa mère, prenant soin d'elle durant les longues tournées, sans un mot, sans une plainte.
"Il est un peu ma béquille... je ne pourrais pas me passer de lui ! D'ailleurs il habite toujours avec moi ; je pense que l'oiseau n'est pas encore prêt à voler de ces propres ailes. Du reste, c'est plus un poussin qu'un oiseau !"

Gageons qu'il restera à ses cotés jusqu'au dernier soupir, fidèle et résigné, l'amour d'une mère ne remplaçant peut être jamais celui de ces épouses qui apparaissent et disparaissent au gré des soleils d'hiver...